La transition énergétique est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Et pour cause : le modèle sur lequel repose encore majoritairement notre consommation d’énergie a fait son temps.
Dépendants des énergies fossiles, fortement émettrices de CO2, nous devons d’urgence opérer un virage vers de nouvelles sources d’énergie, décarbonées et renouvelables. Les enjeux sont multiples : lutte contre le réchauffement climatique, préservation des ressources, compétitivité économique, indépendance énergétique… Réussir cette transition est indispensable pour garantir un avenir viable aux générations futures.
Un modèle énergétique dépassé
Actuellement, près de 80% de l’énergie consommée dans le monde provient des énergies fossiles : pétrole, charbon et gaz. Ce modèle, hérité de la révolution industrielle, a certes permis un développement économique sans précédent. Mais il a aussi des conséquences néfastes de plus en plus tangibles.
Tout d’abord, les énergies fossiles génèrent des quantités colossales de CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. La combustion d’énergies carbonées est ainsi la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Le GIEC estime que pour limiter le réchauffement à 1,5°C d’ici 2100, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 50% d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2018. Un objectif impossible à atteindre sans une profonde mutation de nos modes de production et de consommation d’énergie.
Par ailleurs, les réserves d’énergies fossiles s’amenuisent et leur extraction est de plus en plus coûteuse. Le pic pétrolier, moment où la production atteindra son maximum avant de décliner de manière irréversible, se rapproche dangereusement. Selon certains experts, il pourrait même déjà avoir été franchi.
Face à ce constat, le statu quo n’est plus une option viable. Nous devons dès maintenant engager une transition énergétique d’ampleur pour éviter les pires scénarios climatiques et assurer notre approvisionnement pour les décennies à venir.
Accélérer le développement des énergies renouvelables
Heureusement, les alternatives aux énergies fossiles se développent rapidement. En premier lieu, les énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire, la biomasse, l’hydroélectricité ou encore la géothermie deviennent de plus en plus compétitives. Entre 2009 et 2019, la part des renouvelables dans la production électrique mondiale est passée de 20 à 26%. Solaire et éolien affichent les croissances annuelles les plus spectaculaires, respectivement de 36% et 12% par an sur la dernière décennie.
Les politiques publiques ont un rôle essentiel à jouer pour accélérer encore ce développement. Il s’agit à la fois d’augmenter les investissements dans les infrastructures de production d’énergie verte, mais aussi de rendre leur accès prioritaire sur les réseaux électriques. La tarification du carbone est également un outil efficace pour rendre les renouvelables encore plus attractives par rapport aux énergies carbonées.
Focus sur l’efficacité énergétique
Mais décarboner la production d’énergie ne suffira pas. Il est tout aussi primordial d’agir sur la demande, en réduisant les consommations d’énergie autant que possible. Selon l’AIE, les mesures d’efficacité énergétique pourraient à elles seules réaliser 40% de la baisse d’émissions nécessaire d’ici 2040.
De nombreux gisements d’économies existent. Dans le bâtiment par exemple, isolation thermique et rénovation des systèmes de chauffage offrent un potentiel énorme. Côté transports, véhicules électriques et biocarburants devront se généraliser. L’industrie peut aussi améliorer l’efficacité énergétique de ses procédés.
Ces efforts demandent des investissements conséquents de la part des acteurs publics et privés. Mais les gains économiques et environnementaux sur le long terme sont indéniables.
Vers plus de sobriété énergétique
Enfin, une véritable transition énergétique passera par une évolution en profondeur de nos modes de vie et de consommation. Alors que l’énergie semble aujourd’hui un bien de consommation courant, la transition nécessite d’adopter un usage plus raisonné et plus sobre de l’énergie.
Cela peut signifier par exemple limiter ses déplacements en avion, adopter des pratiques d’écoconduite, maintenir ses appareils électroniques plus longtemps, limiter le chauffage de son logement à 19°C, ou encore consommer des produits locaux et de saison. Des gestes du quotidien qui, adoptés à grande échelle, feront une réelle différence.
Cette transition énergétique sera à n’en pas douter l’un des défis majeurs de notre siècle. Elle demande une prise de conscience et une mobilisation à tous les niveaux : citoyens, entreprises, Etats. Si nous voulons éviter les scénarios catastrophes pour les prochaines générations, nous n’avons pas le choix : cette transition est inéluctable et doit être engagée sans plus tarder.

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